mardi 23 août 2016

Quand la structure apporte la liberté...


Cela dit, être l'intendant d'un grand théâtre, c'est la plus grande liberté qui soit. Il y a des metteurs en scène indépendants  - en allemand on dit frei Regiseure, metteurs en scène libres. Mais celui qui est le plus libre de tous dans le paysage théâtral allemand, c'est le directeur d'un théâtre. Car c'est lui qui décide, par exemple, de prévoir six mois de répétitions pour Shakespeare. C'est le directeur qui décide où mettre l'accent, où placer les moyens - mais il ne peut le faire que dans le théâtre qu'il dirige. Tout le monde pense qu'avoir à gérer toute une institution est très lourd, que cela empêche le travail artistique. Moi je dirais le contraire. [...] En plus, il y a au théâtre une grande tradition de ce type de fonctionnement: Molière, Shakespeare... ils étaient tous des chefs de troupe!

Ceci est l'opinion de Thomas Ostermeier (directeur de la Schaubühne de Berlin... l'un des plus grands théâtres européens), dans Le Théâtre et la Peur (p.28), publié il y a quelques mois chez Actes Sud... et je ne suis pas très loin d'avoir la même opinion. Bien sûr, entre l'institution allemande et le Théâtre 100 Masques, il y a tout un monde (et beaucoup moins de moyens!). Toujours est-il qu'une bonne organisation peut devenir un formidable outil de création et de liberté. 


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