lundi 14 mars 2016

Un témoin du passé


Nous avons, à la maison, l'édition complète et originale de L'Oiseau-Mouche... le journal étudiant du Séminaire de Chicoutimi, paru entre 1893 et 1902. Journal marquant pour l'histoire régionale. Journal aussi controversé par les prises de positions de ses auteurs... la plupart étant des membres et futurs membres du clergé écrivant sous des pseudonymes ou des étudiants en Belle Lettres comme, par exemple, un certain Damasse Potvin! 


C'est là une source intéressante d'informations... étalée sur une décennie! Et parmi les lettres, les carnets de voyage, les envolées nationalistes et patriotiques, les remises de prix en Grec, en Philosophie et en Belles Lettres, les nouvelles ordinations et les nouvelles morts, il y a aussi - et c'est là que je suis titillé! - la description des soirées dramatiques (Il y en avait 2 ou 3 durant l'année) souvent données en l'honneur du Supérieur ou lors de la visite d'un important prélat... 

C'est ainsi qu'au cours de cette décade, de jeunes hommes (souvent les Rhétoriciens) se sont adonnés aux plaisirs de la scène (théâtre et opérettes)... dans des pièces incontournables de Molière (comme Le Malade Imaginaire, L'Avare, Les Fâcheux) ou de Racine (comme Athalie ou Les Plaideurs). 

Mais il n'en demeure pas moins que ce sont aussi des gens de leur époque! Et du coup, ils s'inscrivent également dans un répertoire qu'on imagine facilement à la mode (et moraliste): Les quatre prunes,  L'expiation, À travers les branches, À Boulogne-sur-mer, Tête-Folle, La Chasse à l'Ours, Quand on conspire et Les Flibustiers

Mais l'un des auteurs des plus appréciés est Charles Le Roy-Villars (né apparemment en 1871, donc très contemporain... mais je ne trouve bien peu de choses sur lui...) alors que sont présentés avec grands succès les spectacles Les Piastres Rouges (ici), Le Gondolier de la mort (ici), La Foire de Séville et Le Moulin du Chat qui fume

D'ailleurs, une anecdote vient avec cette dernière pièce (en 1898)... racontée ainsi après un court paragraphe vantant les mérites de cette production : Seulement, il y a une ombre au tableau; hélas! les meilleures traditions s'en vont ainsi. Les rideaux, que le petit Z était si fier de tirer jadis, vont disparaître pour faire place à un rideau peint à l'huile qui, dit-on, se lève tout seul. Voilà donc le poste glorieux de «tireur de rideaux» - convoité à si juste titre par tous les petits Z, de génération en génération - aboli à jamais. Sic transit, etc

C'est donc là une bonne partie du théâtre qui se jouait à Chicoutimi en cette fin du XIXième siècle!

1 commentaire:

Anonyme a dit…

C’est tellement inspirant tout ça. On m’a souvent dit : Moi aussi, j'ai fait du théâtre pendant mon cours classique. Guylaine