jeudi 18 février 2016

Le théâtre au Québec (en ville!) au début du XXième siècle

Voici le témoignage-souvenir (datant de 1934) d'un grand acteur de l'histoire théâtrale francophone au Québec, Joseph Philias Filion (j'ai trouvé ici des informations biographiques et des articles parus à son décès), illustrant la frénésie théâtrale de l'époque. Un tout autre monde!

Quand je pense au public d'autrefois... Il est vrai qu'il était plus facile à impressionner. Il venait tôt au théâtre, pour être sûr d'avoir de bonnes places; il s'entretenait de la pièce, des acteurs... Ah! dans ce temps-là on travaillait! Il y avait répétition tous les matins, sauf le lundi et le jeudi, et bien souvent le soir après la représentation. On jouait tous les après-midis et tous les soirs, sauf le vendredi après-midi. Ainsi, le mardi, il y avait répétition de 9h30 à 12h30, représentation l'après-midi et le soir, puis répétition de nuit; le mercredi, mise en scène; le jeudi matin, repos; le vendredi matin, répétition au souffleur; le samedi matin, répétition, puis dimanche soir la générale. Le nouveau spectacle commençait toujours le lundi soir.

C'est la première grande envolée du théâtre québécois. L'époque du vaudeville, du mélodrame, du burlesque. L'époque où les pièces s'enchaînent de façon quasi industrielle dans des décors rapiécés. L'époque où brille un personnage pratiquement disparu: le souffleur.

Tiré du bouquin 350 ans de théâtre au Canada Français par Jean Béraud, paru en 1958.


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