mardi 16 septembre 2014

De la critique... encore et toujours!


Une mauvaise critique 
n'est pas une critique qui dit du mal d'une oeuvre. 
Une mauvaise critique est une mauvaise analyse 
qui ne s'appuie pas sur des connaissances suffisantes, 
qui ne met pas l'oeuvre en contexte, 
qui se contente de résumer ou de porter un jugement binaire sur la forme
 «J'aime/J'aime pas». 
Une mauvaise critique 
est une critique qui ne va pas plus loin que les étoiles qu'elle enfile.

Très bonne lecture, que ce Métier Critique de Catherine Voyer-Léger qui s'attaque, en près de deux cent pages, à ce pan subjectif qu'est la critique, honnie des uns, espérée des autres. 

Fort intéressant parce que fort préoccupant. 

De page en page, l'auteure y déplore notamment  la disparition du critique (par manque d'espace, par manque de temps, par manque d'intérêt des médias), spécialiste d'un domaine précis, au profit du chroniqueur (et de la promotion) tout en déboulonnant certains mythes sur la virulence de la critique dans un petit milieu comme le Québec et, paradoxalement, sur sa complaisance...

L'espace médiatique que l'on dit dédié aux arts et à la culture rétrécit sans cesse. Et l'espace qui reste est bouffé de l'intérieur par l'anecdote, le vécu et un pastiche de promotion qui se fait passer pour du journalisme. Outre certaines poches de résistance, les journaux ne réservent plus que quelques pages pour la critique. [Dans le cas du Progrès-Dimanche, parfois, il y a autant voire plus de pages consacrées à Picotte et ses pérégrinations!] La nouvelle culturelle, c'est de plus en plus une plogue: une sortie, un vernissage, un lancement. Ou alors des chiffres: de vente, d'audience, d'audiomètre. Ou alors une entrevue avec une bonne tranche de vécu. Ou, quand la récolte est bonne, un scandale...

Quelles sont les raisons de ce glissement médiatique? Voyer-Léger tente de répondre le plus objectivement possible tout en soulignant, au passage, les pertes et les dommages occasionnées par cet état de fait. 

Outre les raisons factuelles (le manque d'espace, le manque de temps, le manque d'intérêt des médias), elle s'attaque aussi - et c'est là que ça devient le plus intéressant - à la (grande) responsabilité du milieu culturel lui-même. Que veut le milieu? 

Quand le bouquin est refermé, quelques questions restent: qui peut jouer le rôle de critique? Où (avec l'émergence des nouveaux médias et des réseaux sociaux)? Dans quel contexte? 

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