mardi 1 juillet 2014

«La Paix chez soi et autres bêtises humaines»

L'équipe de production... 
En arrière: moi, Clara Girault (assistante), Sophie Châteauvert (régisseure), Marilyne Bédard (costumes). 
En avant: Josée Gagnon, Pierre Tremblay, Patrick Simard et Mélanie Potvin.
Il manque sur la photo le concepteur des éclairages, Alexandre Nadeau... occupé à prendre la dite photo!

Hier soir était soir de générale... qui s'est presque transformée en première médiatique! Nous étions près de vingt personnes assises dans la salle Murdock pour cette première prise de contact avec le public! Une générale assez bien dans l'ensemble... avec tous ses accrocs, ses hésitations, ses stress!
Ce matin, c'est donc le moment de faire un petit retour...

Suite à cet exercice, il m'apparaît quatre trucs à vraiment prendre en considération (et je n'invente rien de bien nouveau):

Du rythme...
D'abord, le sacro-saint rythme. C'est - de tout temps théâtral et de toute comédie! - l'élément capital, l'élément essentiel, l'élément primordial... et c'est aussi l'élément le plus fragile. Un rien peut lui nuire. Et ce rythme, il est de deux ordres: le rythme de la scène (qui diffère nécessairement d'une pièce à l'autre) et le rythme global de l'ensemble. C'est sur ce point précis que la marge de manœuvre des interprètes est la plus réduite.

Du coup, plusieurs écueils sont à éviter:
- les hésitations dans le texte qui agissent comme un grain de sable dans un engrenage;
- des temps d'action-réaction trop lents qui alourdissent vos séquences;
- une précipitation dans les moments tendus qui brouillent la scène;

Pour chaque pièce, il n'y a qu'un rythme: le bon. Et c'est ce bon rythme qui donne une impression de maîtrise parfaite, de plénitude de la scène, de légèreté et de vivacité.

Des entre-scènes...
L'autre point auquel il faudra porter attention concerne les entre-scènes.

L'espace scénographique, dans sa simplicité, est comme un écrin pour présenter des courtes pièces qui, comme des bijoux, cherchent à donner une certaine impression de luxe (dans la pauvreté), de bon goût (dans la frivolité et l'éclat), de style (dans des esthétiques très différentes).

Ce qui vaut pour les scènes vaut donc aussi pour ce qui vient entre elles.

Les changements d'accessoires doivent se faire avec distinction, avec grâce, avec solennité, avec tonus (et aussi avec rythme!). Il faut - sans tomber dans des numéros qui n'en finissent plus! - que ce soit vivant, animant. Il faut que ces moments soutiennent l'ensemble au même titre que les pièces. Sans chercher à faire rire (ce n'est pas le moment), il faut que les comédiens donnent envie aux spectateurs de les suivre dans cette suite de présentations. Il faut des sourires, de l'assurance, du plaisir, de la fébrilité.

De la drôlerie...
À chaque comédie, je crois, la même mise en garde revient toujours: attention de ne pas chercher à faire rire à tout prix.

Ces pièces ont été retenues d'une part parce que je les trouvais comiques... mais aussi et surtout parce qu'elles ont fait leurs preuves amplement au fil des décennies, qu'elles présentent tout un éventail de bêtises humaines, qu'elles sont une matière très riches pour les interprètes  leur proposant de nombreux défis, de nombreux atmosphères, de nombreux terrains de jeux.

Maintenant, il  faut, aux acteurs, avoir confiance en Courteline (Sa bouffonnerie apparente, son rire constamment jaillissant [...], toute cette verve aux multiples facettes cachent la profonde tristesse de Courteline devant l'homme, sa bêtise infinie et sa méchanceté foncière. M. Corvin), en ce qu'ils font, en ce qui leur a été demandé de faire, en ce que le spectateur verra. Leur rôle est d'amuser ce spectateur... ce qui ne se manifestera pas obligatoirement en rires (ce n'est pas un spectacle d'humour où les farces surgissent à chaque ligne et, en ce sens, les sourires sont tout aussi significatifs et valables)... mais pour cela, ils doivent aborder chacune des scènes avec engagement, avec plaisir... sans chercher à mesurer son plaisir. Il n'y a rien de plus encombrant, sur les planches, qu'un comédien qui a l'impression d'être long et ennuyant.

Par ailleurs, sur onze pièces, il va sans dire que les éléments comiques ne sont pas tous au même endroit. Ça fluctue d'une scène à l'autre. Parfois, c'est le personnage qui fait rire. D'autres fois, pourtant, ce seront plutôt ou le dialogue et les échanges de répliques ou encore la situation en elle-même ou la mise en scène comme telle (les mécanismes que vous exécutez). Enfin, ce pourra aussi être différentes conjugaisons de ces items.

De la préparation...
Je n'inciterai jamais assez (!) les comédiens à bien se préparer avant les représentations: réchauffements (vocaux et physiques), étirements, italiennes efficaces, allemandes, concentration. Un spectacle comme celui-ci, ils en font l'expérience à chaque enchaînement, est terriblement exigeant. Cette préparation (qui leur appartient en propre et qui leur est, bien sûr, personnelle) est la meilleure façon de soutenir leurs efforts de la première note jusqu'aux saluts.

Sur scène, ce qui a été répété maintes et maintes fois doit apparaître comme spontané, nouveau, sur le moment. Il ne faut jamais prendre pour acquis (surtout au fil des représentations) ces morceaux scéniques. L'assurance qui se manifestera sans doute avec le temps doit servir à rester à l'affût, à rester rigoureux, à rester précis.
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Il est possible de voir quelques photos des comédiens et de leurs personnages en cliquant sur le lien suivant qui mène au blogue Je M'Habille Chez-Nous de Marilyne Bédard, conceptrice des costumes. 

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