mercredi 19 février 2014

Le fiel d'Ovide


J'aime bien ces textes virulents contre le théâtre... surtout ceux des premiers temps du christianisme. Des textes généralement sévères. Exubérants. Trop. 

Mais avant l'Église, les auteurs de l'époque n'avaient pas nécessairement bonne opinion du théâtre. Tel le poète latin Ovide (né en 43 av. J.-C. et mort dans la seconde décade de notre ère)... comme en font foi ces extraits (réécrits en français moderne sous chacun de ceux-ci pour faciliter la lecture) tirés du Discours sur la comédie: ou traité historique et dogmatique des jeux de théâtre et autres divertissements comiques soufferts ou condamnés au premier siècle de l'Église jusqu'à présent publié en 1731 par Pierre Lebrun. 


Ovide n'étais pas certainement attaché à une morale sévère; néanmoins dans sa fameuse Apologie adressée à Auguste, il avoue que les jeux sont une semence de corruption, il exhorte ce Prince à supprimer les Théâtres.


Aussi dans un ouvrage destiné à corrompre le cœur, il dit ouvertement que les femme Romaines couraient au spectacles avec le même plaisir, et avec la même ardeur que les abeilles se jettent sur les plantes odoriférantes; il exhorte les jeunes débauchés de Rome à fréquenter le Théâtre, qu'il regarde comme l'écueil de la vertu, et où les femmes ne se montrent bien parées que pour voir ou pour être vues.


Ce même poète a tenu un semblable langage dans un ouvrage où il se pique de donner des préceptes honnêtes; il recommande de fuir avec soin le Théâtre, persuadé que le son des instruments, les chansons et les danses amollissent et corrompent le coeur.

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