samedi 26 octobre 2013

Une brève histoire du Québec... 2


1763-1855 - Le théâtre sous le régime anglais

La Conquête (et les différents changements constitutionnels qui surviendront en 1774, 1791 et 1840) et n'a pas vraiment changé le cours de notre histoire théâtrale: le théâtre de langue française reste sous le joug de l'Église qui, si elle le condamne toujours publiquement (notamment à cause de la mixité qu'il implique), elle cantonne la pratique dans les lieux académiques au service de l'enseignement (surtout religieux, évidemment).

Ce qui change, c'est que la population est soudainement coupée de sa mère patrie alors que son élite retourne en Europe et que pendant près d'un siècle, les échanges commerciaux et sociaux-culturels seront stoppés au seul bénéfice des échanges avec la métropole britannique. Du coup, le théâtre professionnel ne se fera plus qu'en anglais sur le territoire... et sera le fait des tournées anglaises et américaines. Parce que dès 1786, Montréal et Québec seront annexés aux circuits des grandes tournées.

Certains hommes d'affaires tenteront bien d'ouvrir des espaces dédiés au théâtre francophone et d'y insatller des troupes à demeure, mais toutes ces tentatives se solderont, à plus ou moins longues échéances, par des échecs financiers. Il faut dire que le répertoire et la professionnalisation qui soutiendraient une telle entreprise se font toujours attendre. Il y a bien des auteurs comme Joseph Quesnell (qui écrit Colas et Colinette en 1790... d'autres informations ici) et Pierre Petitclair (qui écrit La Donation en 1842)... mais ceux-ci sortent difficilement du modèle français et ne réussissent guère à constituer un véritable public.

Les chiffres parlent d'eux-mêmes: en 1824, à Montréal et à Québec, il  y aura 154 soirées théâtrales anglophones contre 5 en français...

Ce n'est donc pas encore dans cette période que le théâtre professionnel de langue française prendre son essor...

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