jeudi 19 septembre 2013

De temps.


Au moment même où je suis dans une période consacrée à la construction des horaires de répétition de La Fille du Tambour Major de la Société d'art lyrique du Royaume - trois semaines très intensives incluant l'entrée en salle et tout ce qui vient avec! - je tombe sur ce numéro d'Alternatives Théâtrales, Le théâtre à l'opéra, la voix au théâtre (no. 113-114 - été 2012) où il est question, notamment, des arts lyriques... et plus particulièrement, dans cet entretien avec Jean-François Sivadier, metteur en scène, qui parle de ce rapport au temps très différent de celui au théâtre (et qu'on vit comme une très grande source d'angoisse!):

La grande différence entre l'opéra et le théâtre, c'est le temps. Au théâtre, il n'y a pas de contraintes en-dehors de celles que l'on se crée soi-même. À l'opéra, l'oeuvre pose des défis, la durée de la partition aussi, de même que les chanteurs, les horaires, etc. On a l'impression de relever des défis du premier au dernier jour, alors qu'au théâtre on peut prendre le temps d'inventer des choses et de les défaire si elles ne fonctionnent pas. Et puis à l'opéra, on s'inscrit directement dans l'histoire de la réception de l'oeuvre que l'on monte - c'est encore un sacré défi! Pour ma première mise en scène lyrique, j'avais peur de mal employer le temps qui m'était imparti. Or, je me suis rendu compte qu'il n'y avait jamais de temps perdu parce que les chanteurs sont extrêmement rigoureux et qu'ils travaillent beaucoup plus vite que les acteurs. Par ailleurs, les contraintes ne sont pas forcément pénibles. J'aime beaucoup la contrainte du corps du chanteur qui ne peut pas faire tout ce qu'on lui demande. Dans la contrainte, on trouve des libertés extraordinaires.

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