mardi 27 août 2013

De la mayonnaise...


Non, je ne ferai pas ici appel à la fameuse scène des Voisins de Meunier et Saïa d'où vient cette réplique fétiche (p.98 de l'édition 1982 chez Léméac): «Ça goûte donc bon de la mayonnaise, hein? [...] On peut pas dire à quoi ça goûte. [...] Comment ça se fait c'est bon avec n'importe quoi?»


En fait, je reviens avec cette idée du théâtre comme d'une mayonnaise, citation d'Olivier Besson, dont il était question sur ce blogue, le vendredi 4 mars 2011

Voici, sur le même thème, ce qu'en dit Yerri Kempf, auteur que je ne connais pas et dont je ne trouve pas beaucoup d'informations sinon ses romans et pièces de théâtre:

Un auteur pique des mots avec sa plume, invoque un peu d'inspiration, ajuste des dialogues, distribue des sentiments, capte une action, déchire des coeurs, secoue des cerveaux, construit des scènes, achève un, deux actes, exécute au passage quelques personnages, laisse tomber le rideau de son imagination et croit sa pièce terminée. Le pauvre homme, comme disait Molière, n'a encore battu que son jaune d'oeuf. Le metteur en scène doit maintenant ajouter de l'huile: il choisit des interprètes, les gave de mots, les fait pirouetter, leur arrache des larmes, provoque des crises de nerfs... Mais rien n'est encore fait: il manque la dernière goutte et un dernier coup de cuillère: le public. C'est lorsque le rideau se lève qu'on va enfin savoir si ça prend. C'est un grand moment.

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