vendredi 28 juin 2013

Théâtre d'été 2013... [Carnet de mise en scène]


Il est maintenant possible d'avoir un aperçu assez juste de cette nouvelle production estivale du Théâtre 100 Masques qui prendra l'affiche à compter de la semaine prochaine.

Après un court prologue (5 minutes... inspiré de l'ouverture du Poenulus de Plaute) présenté par Patrick Simard (prologue qui n'est pas le Panégyrique des donateurs 2013... qui prendra, cette année, une nouvelle forme qui permettra aux spectateurs d'en prendre que ce qu'ils veulent), Le Mariage forcé sera en scène pour cinquante minutes. 

Une pause de 10-15 minutes sera ensuite proposée... hors de la salle... le temps d'installer la seconde pièce. Puis La Jalousie du Barbouillé se jouera pour les trente minutes suivantes. 

C'est donc, en quelques sortes, le cadre temporel de ce spectacle. Le cadre le plus juste puisqu'il émane directement des derniers enchaînements qui ont atteint, sous une surveillance accrue, un bon rythme de croisière. C'est donc à partir de cette mesure-étalon qu'il sera possible de juger (du point de vue purement chronométrique!) si le tout s'accélère ou ralentit avec le contact du public... en quel cas il faudra peut-être agir (ce qui s'appelle, si je ne me trompe pas trop, la scénométrie... principe que j'aime bien) pour ramener un peu de rigueur...

C'est dans ce sens que j'aime bien relire ce passage de Meyerhold: Dans notre Forêt, il y avait au début trente-trois épisodes, mais comme le spectacle se terminait tard et que les spectateurs manquaient le dernier tramway, je l'ai raccourci, à la demande des administrateurs, à vingt-six épisodes. Le spectacle, qui durait plus de quatre heures, s'en est trouvé réduit à trois heures vingt. Au bout de quelque temps, l'administration m'informe que le spectacle dure à nouveau quatre heure. J'ai alors pensé que les acteurs étaient revenus, de leur propre volonté, à des scènes que j'avais réduites. Je vais voir, mais rien de tel! Ils s'étaient tout simplement laissés aller au jeu dans les vingt-six épisodes qui restaient. Je leur fais une remontrance. Rien n'y fait. J'organise des répétitions et, le cœur serré, je réduis le spectacle à seize épisodes. Pendant quelques temps, le spectacle s'en tient à deux heures et demie, puis de nouveau s'allonge jusqu'à durer quatre heures! À la fin, le spectacle était à moitié ruiné, et il a fallu faire de nouvelles répétitions, rétablir tous les rythmes et les proportions temporelles. Il m'est arrivé une fois de prévenir que si une scène entre Pierre et Aksiouka, qui devait durer deux minutes, durait une seule minute de plus, je mettrais les interprètes à l'amende. Il faut apprendre aux acteurs à sentir le temps sur scène comme le sentent les musiciens. Un spectacle organisé de façon musicale n'est pas un spectacle dans lequel on fait de la musique, ou bien on chante constamment derrière la scène, c'est un spectacle avec une partition rythmique précise, un spectacle dont le temps est organisé avec rigueur.


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