mardi 9 avril 2013

«Théâtre -Prière de fréquenter»

Éditorial de Mme Josée Boileau, du Devoir, publié hier avec le titre qui coiffe également ce billet... Je le publie parce qu'il est rare que le sujet soit abordé dans ce cadre officiel! (Et il faut savoir que j'ai pris ce texte via le site de la Coalition pour la Diversité Culturelle, ici, à défaut de pouvoir le prendre directement du journal...).

La culture devrait être accessible à tous au Québec. Accessible au sens premier du terme : arriver à entrer quelque part. Pourtant, même en 2013, cela tient encore du pari dans bien des régions. L’humour tourne, car un homme (eh oui) seul ne coûte pas cher et rapporte bien, mais malheur au théâtre, et à sa trâlée de comédiens, négligé des producteurs en région parce qu’on craint de ne pas rentrer dans ses frais.


Même le théâtre jeunesse, qui peut compter sur les sorties scolaires, n’arrive pas à faire le plein de son public. Selon une étude du Conseil québécois du théâtre (CQT), les élèves de régions comme la Gaspésie, l’Abitibi, mais aussi l’Estrie et la Mauricie, sont même extrêmement mal desservis.

On dira que la situation est meilleure qu’il y a vingt ans, mais le portrait est trompeur : les pièces « en région » sont souvent présentées en périphérie de Montréal, et mieux vaut qu’il s’agisse de très gros succès. La réalité, comme le CQT et d’autres représentants des arts de la scène l’observaient en 2011, c’est plutôt que bien des productions circulent davantage « dans le reste du Canada et en France que dans la majorité des régions du Québec ».

Louise Beaudoin, alors ministre de la Culture, avait bien présenté une intéressante politique de diffusion des arts de la scène en 1996, mais la mise en place n’a guère suivi. Depuis, la donne s’est en plus complexifiée. Année après année, la fréquentation du théâtre décline, en nombre de spectateurs d’abord, en manque de relève ensuite.

Dans le plus récent relevé des pratiques culturelles du ministère québécois de la Culture et des Communications, le théâtre se distingue d’une triste façon : c’est là que l’écart entre les 55 ans et plus et les jeunes est le plus marqué. Depuis 1979, les uns vont davantage au théâtre, les autres de moins en moins, ce que l’on ne constate pas pour les autres arts de la scène. Le public du théâtre ne se renouvelle plus.

Il faut donc saluer la volonté de la nouvelle présidente du CQT, Dominique Leduc, de mettre en place une table ronde pour que cette question soit prise au sérieux, comme elle l’indiquait au Devoir. On ne peut laisser ainsi se déserter le théâtre, art éphémère qui est pourtant le fil continu de l’humanité, où naissent toujours des histoires provocantes, stimulantes, qui racontent notre temps en un face-à-face unique avec le spectateur.

« Je m’étonne toujours de constater qu’une gifle sur scène a plus d’impact que la guerre en direct à la télévision », a déjà écrit Suzanne Lebeau, de la compagnie Le Carrousel. C’est cette force du réel que le public perd en délaissant le théâtre. Trouvons les moyens de le toucher. Partout, sur tout ce territoire où l’on arrive bien à soutenir les arénas…

Josée Boileau
De ce que je comprends, ce texte est principalement axé autour de la diffusion... et moins sur la production... 

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