mercredi 20 février 2013

La critique... selon Ionesco


Eugène Ionesco, avant de devenir un monument du théâtre universel, a été, à maintes reprises, l'objet de critiques partagées à savoir s'il était d'avant-garde ou anti-théâtral... Des critiques parfois enthousiastes... et parfois acerbes. Et, plus souvent qu'autrement, contradictoires! 

D'où son opinion sur la critique en général (tirée de la page XXX de ses Notes et contre-notes publiées en 1962 chez Gallimard... que je me plais de retranscrire ici pour faire suite à toute une série de billets sur le sujet!):

[...] La critique est pratiquement un mélange de tout, elle souvent tout, sauf de la critique; partant de sa subjectivité, exprimant sa subjectivité, le créateur s'objective; sortie de lui, extériorisée, l'oeuvre acquiert une existence en soi. L'auteur croyant se tenir se débarrasse de lui-même. Par contre, les critiques prétendant à l'objectivité ou à une certaine objectivité n'expriment le plus souvent que leur subjectivité. [...] Le critique reste prisonnier de lui-même, il exprime ses sentiments, sa mentalité, la mentalité de son époque dont il est tributaire, ses passions, son parti pris. [...] Il ne veut voir dans l'oeuvre que l'illustration de ses désirs ou de ses idées, il approuve ou réprouve l'oeuvre dans la mesure où celle-ci est conforme à ses désirs, à ses idées. [...] La critique, étant ainsi l'expression d'un parti pris, ou involontairement subjective, est, par cela même, faussée.

C'est là une intéressante (et sévère) vision de la critique. Toutefois, cette conception serait encore plus intéressante s'il était possible d'y adjoindre ce que Ionesco considère comme le rôle, la fonction de cette dite critique... Je cherche.

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