samedi 14 mai 2011

L'Affaire de la rue Lourcine [Carnet de mise en scène]

Production lyonnaise que j'ai vue, mise en scène de Jérôme Deschamps et Macha Makeïeff.
Théâtre des Célestins, 26 septembre au 15 octobre 2006 (j'ignore toutefois le nom du photographe)

Hier soir, dans la salle de répétition (enfin, le SS-05 pour les initiés), nous avons enchaîné les dix-sept premières scènes de la pièce (sur vingt-et-un)... Toujours dans un but de nous donner une idée de l'ensemble du spectacle et aussi, pour un intérêt tout particulier: déterminer la durée de cette production. Parce que si d'habitude, je peux assez justement la déterminer à l'avance (notamment en comptant le nombre de pages alors que chacune de celles-ci vaut environ une minute), le texte de Labiche me restait parfaitement indéterminable. Et dire que je l'ai vu, monté, à Lyon en 2006 (et que je n'en garde, malheureusement, qu'un fort vague souvenir, décalage oblige...)!

Toujours est-il que le travail en chantier dure près de cinquante-cinq minutes... Lorsque seront travaillées les dernières scènes et le rythme général, j'estime que le tout durera une heure et quart, une heure et vingt.

L'exercice vaut aussi, je crois, pour les comédiens qui peuvent dès lors avoir une vision objective (si tant est que cela se peut!) de l'œuvre en cours, acquérant une certaine confiance dans l'efficacité de leurs répliques et de leur personnage. Nous rions beaucoup...

L'enchaînement s'est surprenamment bien déroulé. Sans trop d'anicroches ni bogue majeur. Une fluidité somme toute assez convaincante. Bien sûr, il reste une somme colossale de travail à effectuer, du travail de découpage scénique, de mise au point des personnages, de précision visuelle et précision d'intention, de peaufinement des actions-réactions, de constance et d'aisance dans les mouvements fort chorégraphiques... du moins, j'espère qu'ils le deviendront. D'autant plus qu'avec cet esprit de rigueur se juxtapose un écueil de taille: la petitesse de l'espace confinera le regard du spectateur en un seul et unique point, minuscule dans la salle, comme si les comédiens étaient sous microscope.

Ici, la focalisation (telle que définit par Anne Ubersfeld(1) : travail du spectateur choisissant un élément de l'espace, un détail de la représentation, un acteur, pour faire porter son attention sur cet élément, et éventuellement le suivre dans son évolution) ne pourra qu'être unique et globale - voire obligée! - et commandera, du coup, une perfection. Bon. Le terme est fort. Disons donc qu'il faudra une virtuosité de chacun des participants à ce projet (ce qui implique aussi bien le metteur en scène, les comédiens et les concepteurs).

Ce qui, d'autre part, illustre bien ce que j'écrivais dans le dernier paragraphe du billet du 12 mai dernier (ici).
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(1) dans Les termes clé de l'analyse théâtrale paru aux éditions du Seuil, Paris, 1996.

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