dimanche 15 mai 2011

De répétitions.


En production, je n'aime guère le travail de table (étant toutefois convaincu du travail en amont!) avec les interprètes, ce moment que certains utilisent pour analyser le texte, en dégager le sens, etc. Après la première lecture, j'en ai dit tout ce que j'avais à dire. Ce travail de table est alors rapidement évacué pour passer à la mise en place qui agit, dès lors, de la même manière: analyser, dégager le sens, définir les personnages... mais par des actions concrètes.

Parfois, je me sens un peu coupable de ne pas m'astreindre à cet exercice pour vite me convaincre de son inefficacité pour moi...

À ce titre, les numéros 52-53 et 54 d'Alternatives théâtrales (déc. 96 et jan. 97) consacrés aux répétitions d'un large éventail de metteurs en scène est une source de belles réflexions, où les conceptions et les modes de création diffèrent de l'un à l'autre. Voici celle d'Antoine Vitez qui (sur papier du moins!) me ressemble davantage:

Si je voyais des gens assis autour d'une table, à lire, je n'aurais rien à leur dire que quelques remarques philologiques. En revanche, dès que je les vois en chair et en os, debout, à quelque distance, le phénomène théâtral s'opère. [...] C'est au metteur en scène de ne pas perdre de temps et d'oser; le véritable travail du metteur en scène, c'est d'oser dire ce qu'il ressent, tout de suite. Savoir qu'il faut oser le faire. Avec, quand je suis en face des acteurs, l'immense angoisse de me tromper définitivement, et d'oser dire des choses absurdes ou qui blessent.

Bon.

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